Chronologie

1877

Naissance de Jeanne Adèle Desgrange chez ses parents Léon Auguste Desgrange et Isabelle Toudouze, au 24 rue de Milan le 27 janvier 1877 à Paris. Durant toute son enfance et son adolescence, elle vivra et partagera sa vie chez ses parents, dans le quartier qui l’a vu naître, le 9ème arrondissement, au 24 rue de Milan, près de la gare Saint-Lazare.

1890 

Dans les années 1890 Jeanne Desgrange rencontre Pierre Selmersheim, architecte, fils d’Antoine Paul Selmersheim, Inspecteur des monuments historiques.

1897-1898

Les deux femmes déménagent au 47, rue Nollot, quartier des Batignolles, à la mort de Léon Desgrange survenue en 1898.

1899

8 août:Mariage avec Pierre Selmersheim à l’Eglise des Batignolles ; ils s’installent au 16 rue Lafontaine dans le 16eme arrondissement de Paris dans l’immeuble réalisé par Hector Guimard.

Novembre: Le peintre Paul Signac s’installe à son tour dans l’immeuble du Castel Béranger. Alors que Guimard occupe le rez-de-chaussée dès juin 1897, Signac le sixième et dernier étage, on trouvait au même niveau le couple Selmersheim, dans l’appartement d’en face.

1900

Le couple met au monde une petite fille, Colette.

1901

Mars-avril : C’est le début de la collaboration entre les époux Selmersheim, le plus souvent associés sur la confection d’objets précieux. Afin de se confronter à la création Jeanne Selmersheim expose du 15 mars au 1° avril 1901 au 13, rue Lafitte, chez un marchand d’art du nom de Charles Hessèle.

Avril : Jeanne Selmersheim Desgrange expose une vitrine au Grand Palais au salon des Beaux-Arts. Cette dernière contient un peigne en or et en ivoire, une plaque de cou en émail, en or et opales ; s’y trouve aussi une bague anneau en or et opale; une bague marquise en or et opale, et des boucles de ceinture ainsi que des bijoux de cou et des épingles.

1902

Avril : Jeanne Selmersheim Desgragne expose une vitrine contenant une bague en or et lapis lazulis, une boucle de ceinture et un pendant pour enfant en myosotis.

1904

Avril : Dernière présentation du couple Selmersheim au salon des Beaux-Arts, organisé au Grand Palais : dans une vitrine le couple présente une glace à main en bronze ciselé et des pièces de broderies.

Naissance de leur deuxième enfant, Jean Pierre.

1907

Octobre-Décembre : Jeanne Desgrange expose au salon des Artistes décorateurs du pavillon Marsan, des bronzes ou des bijoux.

14 octobre : Naissance d’Annette Eugénie dite Poucette.

1905-1909

Début de la relation entre Paul Signac et Jeanne Selmersheim.

1909

Jeanne Selmersheim par la qualité de ses travaux se voit attribuer le prix d’encouragement de la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie.

1911

21 avril- 13 juin: Première exposition de Jeanne Selmersheim-Desgrange au Salon des Indépendants, organisé dans les baraquements du quai d’Orsay près du pont de l’Alma; elle y expose quatre toiles : Tulipes Roses, Tulipes Perroquets, Jardin de Versailles et Un Jardin (aquarelle).

1912

20 mars-16 mai: Deuxième participation au Salon des Indépendants: elle y expose 3 toiles : La vallée de Buech, Le goûter, Fleurs.

23 décembre: Divorce de Jeanne Selmersheim Desgrange avec son mari Pierre Selmersheim ; lui laisse à charge les trois enfants.

1913

22 février : Signac est à Paris ; Dans une lettre à un destinataire inconnu, il annonce son départ immédiat pour le Midi pour raison de santé. Il a vraisemblablement appris que Jeanne Selmersheim-Desgrange, avec laquelle il entretient une liaison depuis plus de trois ans, est enceinte (lettre vente Paris, Drouot, 10 juin 1974).

Troisième participation au Salon des Indépendants, 78 rue du Maistre, Paris, expose 3 toiles portant le même titre, Fleurs.

23 septembre: Le Petit Niçois annonce que Signac vient de louer une villa au Cap d’Antibes pour y passer l’hiver. Signac s’y installe avec sa compagne Jeanne Selmersheim. Ils y vivent modestement, laissent La Hune à Berthe avec tout ce qu’elle contient et tout ce qui se trouve dans l’appartement rue La Fontaine qu’elle continue d’habiter ; il vit dès lors avec Jeanne, mais continue à voir Berthe très régulièrement, à l’aider financièrement et à l’assurer de son affection. Il ne divorcera pas.

2 octobre : Naissance à Antibes de Ginette Laure Anaïs ; Signac a choisi le prénom de sa fille en hommage à « Gina del Dongo » duchesse Sanseverina, héroïne de La Chartreuse de Parme.

1914

Avant la guerre, assiste au dernier Salon des Indépendants avant-guerre, organisé dans les baraquements du Champ de Mars avenue de la Bourdonnais, près de l’Ecole Militaire ; elle y expose deux toiles : une Vue d’Albi et des Fleurs.

Durant la Première Guerre, le couple ne retournera jamais sur Paris. Jeanne et sa fille font souvent des allers et retours entre les Alpes et Antibes. Saint-Julien-en-Beauchêne, Hôtel des Alpins ou Le Puy-en Velay, Hôtel Terminus deviennent des repères fréquents.

8 mai : Signac informe de sa nouvelle adresse à Antibes : Villa Robert, chemin des Sables (A.S).

9 juillet: Départ en automobile pour la montagne avec Jeanne sa fille (Haute Savoie-Saint-Julien-en-Beauchêne à l’Hôtel des Alpins dans les Hautes Alpes (liste d’adresses A. S). La guerre les surprend ; le 1 » août c’est la mobilisation générale.

Septembre : Signac fait un bref séjour à Saint-Tropez, passe rapidement à Paris pour régler ses affaires et regagne Saint-Julien où l’attendent Jeanne et Ginette (lettre à Félix Fénéon, A. S.).

1er octobre : Paul Signac quitte avec sa famille Saint-Julien.

3 octobre : Le couple s’installe Villa Gabrielle située sur la pointe Bacon.

1915

Juillet : Jeanne est allée passer un mois avec ses aînés à la montagne ; Signac est à Saint-Tropez avec Ginette (lettre à Félix Fénéon, A. S.).

20 octobre : Sauf Conduit en date autorisant Jeanne Selmersheim à circuler librement jusqu’à Nice, Menton, Cannes, Grasse et environs.

27 novembre: Le couple participe à l’Hommage à l’auteur d’Au-Dessus de la mêlée, préparé par Jacques Mesnil et Gaston Thiesson pour les Hommes du Jour.

1916

Mai-juin : Jeanne Selmersheim expose chez Berhein-Jeune 15 rue Richepance à Paris.

18 août: Signac a dû retourner à Saint-Tropez, étouffant terriblement à 850 mètres d’altitude (lettre de Jeanne Selmersheim à Félix Fénéon, A. S.).

Durant la durée du conflit, le couple continua à fréquenter de nombreux artistes installés dans le Sud.

27 novembre : Mort d’Emile Verhaeren, écrasé par un train en gare de Rouen. Signac est profondément déprimé. Inquiète, Jeanne écrit le 4 décembre à F. Fénéon : « La mort de Verhaeren l’a beaucoup affecté […] j’espère que nous réussirons ici à l’exciter de nouveau à peindre. » (lettre à Félix Fénéon, A.S).

1917

12 janvier: Lucie Couturier est chez Signac à Antibes.

10 février : Signac est à Saint-Tropez. Il ne veut plus compter que sur son art pour vivre et entretenir ses deux ménages ; il est inquiet pour son avenir ; il retournera à Antibes vers le 21et ira voir Bonnard (lettre à Félix Fénéon, A.S.).

Août : Jeanne Desgrange expose en Suisse à la galerie du Grand Quai à Genève.

18 novembre : Nouvelle adresse, Antibes Villa Célestine, La Salis.

1918

15 novembre : Arrivée des Bonnard à Antibes.

1919

7 mars : Depuis Saint Tropez, Paul Signac écrit à Félix Fénéon qu’il va vendre Sindbad, son bateau, pour s’acheter sa peinture (lettre à Félix Fénéon, A. S.). En effet, Signac rachète certaines de ses toiles à cette époque. Il souhaite maintenir la cote de ses œuvres, mais il a surtout décidé de constituer une collection pour assurer l’avenir de sa fille Ginette qui, en tant qu’enfant illégitime, n’a légalement aucun droit à sa succession.

6 juillet: Jeanne Selmersheim est à Annecy avec Paul Signac puis Thonon les Bains : dans une lettre, Paul Signac prévoit le futur déménagement d’Antibes à Paris (lettre à Félix Fénéon, A. S.).

11 octobre : Antibes: « On fait les paquets » (lettre de Paul Signac à Félix Fénéon, A. S.).

26 octobre : Un groupe d’écrivains prend l’initiative de rédiger et de faire circuler dans l’Humanité, leur protestation concernant le sort réservé aux opprimés de Russie en fin de Révolution Bolchévique ; Jeanne Selmersheim en fait partie : « Un grand pays, malheureux, déchiré, épuisé par toutes les guerres extérieures et intérieures, va connaître, des souffrances plus grandes encore que celles qui l’ont accablé jusqu’ici : la Russie va voir se resserrer autour d’elle un blocus criminel sans exemple et sans excuses. Des milliers d’êtres innocents qui ne peuvent même pas toujours comprendre les causes de leur profonde détresse, mais qui n’en sont pas les moins torturés, vont éprouver plus cruellement que jamais la faim et tous les désastres matériels et moraux qu’elle entraine […]. Nous refusons de nous associer à ce crime […]».

Fin octobre : Signac et Ginette iront à Saint Tropez pendant que Jeanne préparera le nouvel appartement au 14 rue de l’Abbaye, appartement situé au troisième étage en fond de cour a côte de Saint Germain des Près. Le couple y reçoit le dimanche.

1er décembre : A la fin de la guerre, le couple quitte Antibes pour venir s’installer à Paris, rue de l’Abbaye près de l’église Saint-Germain des Prés : la rue de l’Abbaye devient rapidement le rendez-vous des amis du couple. Le midi Jeanne Selmersheim organisait le repas.

1920

20-23 février : Deux lettres très angoissées de Jeanne Selmersheim à Félix Fénéon. Signac est très malade, sa température est de 41 °C. Ginette est toujours malade.

Avril : Jeanne Desgrange expose ses toiles en Alsace, à Strasbourg à la Maison d’Art Alsacienne.

4 juillet: Le couple est à la Rochelle, villa des Brises chemin de Richelieu.

1921

Février : De Nice (3 rue des Ponchettes), Signac écrit à Félix Fénéon qu’il vient de découvrir Saint-Paul de Vence. Le couple loue l’ancien archevêché (lettre à Félix Fénéon, A. S.). Ils l’occuperont de 1922 à 1924.

29 juin : Signac est à Lézardrieux où il passe l’été « On peint on navigue. » Il y loue tous les étés jusqu’en 1930, une maison : Le Grand Cardinal, au lieu-dit Kermarquer, en amont du pont suspendu, mis en service la même année (lettre à Félix Fénéon, A. S.).

1926

26 mai: Paul Signac écrit à Fénéon qu’il vient de louer à Viviers pour l’été et l’automne, une petite maison dans un site de toute beauté. Jeanne part pour Antibes chercher des meubles, dès son retour il filera à Paris pour l’assemblée des Indépendants.

29 mai: De Bourg Saint-Audéol, Signac écrit à Félix Fénéon qu’il souhaite faire adopter sa fille Ginette par Berthe, son épouse (lettre à Félix Fénéon, A. S.).

1927

6 avril : Jugement de la chambre du conseil du tribunal civil de première instance de la Seine. C’est l’adoption officielle de Ginette Signac par le peintre.

1928

Fin mars : Paul Signac entreprend la série des aquarelles des ports de France; mi mai-juin il débute par la Bretagne nord de Vannes à Audierne ; en juillet-octobre autour de la Baule. En novembre le couple retourne à Paris.

1929

Décembre : Jeanne Selmersheim expose ses natures mortes et ses jouets à la galerie Reitlinger.

1930

Paul Signac reprend ses aquarelles le long des côtes de la Manche.

27 octobre : Signac écrit Gaston Lévy : « Je crois que nous allons louer un noble logis à Barfleur ».

1931

22 février : De Paris, Jeanne invite Félix Fénéon à venir dîner : « Voulez-vous être des nôtres mardi 3 mars autour d’un plat de raviolis en compagnie des Gaston Lévy et Marcel Cachin » (A. S.).

Avril : Paul Signac entreprend d’aquareller les ports de la côte Méditerranée.

Juin-Octobre : Paul Signac acquiert une petite maison à Barfleur sur la pointe devant l’église. Ses fenêtres ouvrent sur le port à l’est, sur le phare de Gatteville à l’ouest.

3-19 décembre : Exposition monographique galerie Jacques Rodrigues-Henriques, 20 rue Bonaparte, consacrée à Jeanne Selmersheim Desgrange.

29 décembre : Premier et unique achat du Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts de la ville de Paris, d’une toile intitulée Le Coffret de Laque, pour la somme de 500 francs

1932

Touché par la crise, Paul Signac a de plus en plus de mal à subvenir aux besoins de ses deux ménages. Il refuse cependant de brader les tableaux de sa collection.

25 février-17 mars : Jeanne Selmersheim est représentée à la galerie Braun et Cie. La même année elle poursuit avec l’exposition Trente ans d’Art Indépendant, se déroulant aussi de février à mars.

1933

Février-mars : Jeanne Selmersheim assiste au cinquantenaire de la Société des Artistes Indépendants, au Petit-Palais.

Printemps : Ginette, 20 ans, épouse Charles Cachin,26 ans, médecin, fils de Marcel Cachin.

1935

Janvier-février : Voyage du couple en Corse.

10 juillet : Paul Signac s’alite atteint d’urémie, bientôt compliquée d’une congestion pulmonaire (lettre de Félix Fénéon à Emile Compard 23 août 1935, collection particulière).

15 juillet : « Mon petit jean je passe des jours terribles- dans une inquiétude folle et luttant de toutes mes forces contre le mal, terrible qui terrasse mon pauvre Paul » (lettre de Jeanne Selmersheim à Jean Selmersheim). Quelques semaines après cette lettre le peintre Paul Signac, après plus de vingt ans de vie commune, succombe d’une septicémie d’origine rénale.

15 août : Mort de Paul Signac. A l’enterrement, Ginette Signac est en tête du cortège ; derrière elle, Berthe Signac et Jeanne Selmersheim Desgrange. Désormais Jeanne Selmersheim vivra en alternance au quai de Béthune, où réside sa fille, et à Barfleur jusqu’au début de la guerre. Très attachée à cette maison, elle y revient presque chaque été où elle continue de puiser de nombreux sujets de toiles.

1936

Février : Elle expose à l’Exposition Seurat, galerie Paul Rosenberg.

3-6 septembre : Jeanne se rend au rassemblement universel pour la paix organisé à Bruxelles.

1939

Dernière apparition de Jeanne Selmersheim Desgrange au Salon des Indépendants.

Pendant la guerre, Jeanne Selmersheim quitte Paris pour s’installer un temps à Annemasse, près de la frontière Suisse.

1958

30 avril : Mort de Jeanne Selmersheim Desgrange, atteinte de l’amylose, une paralysie généralisée. Elle meurt dans la maison du quai de Béthune, la maison de sa fille Ginette et de son mari Charles Cachin; elle est inhumée au cimetière de l’Hay les Roses le 3 mai 1958.

1961

6 juin-7 juillet: Première exposition posthume organisée à la galerie de Jean-Claude et Jacques Bellier, à Paris.

1967

Février-mars : Deuxième exposition posthume organisée par le médecin et ami de l’artiste, Paul Gay, à Saint-Jeoire-en-Faucigny, près de la frontière Suisse.